GRAPHSET x AMANDINE BESACIER

CÉPHÉIDE

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Céphéide est tout à la fois une machine, une expérience et un procédé profondément photographiques. Une machine pour rendre l’image numérique tangible, une expérience de la photographie dans le temps et un procédé faisant écho à l’histoire d’un art trop longtemps estimé mineur. 

 

Fabriquée par l’artiste Graphset, la machine Céphéide peut, au premier abord, sembler profondément numérique dans sa construction. Pourtant, derrière les algorithmes et le ronron des moteurs, sous ses airs de découpeuse laser verticale, se cache une magie de la terre, un mystère organique: la phosphorescence. 

 

Bande de pixels par bande de pixels, les électrons du pigment phosphorescent s’énergisent, ré-émettant l’image qui leur a été dictée. La première image apparue, un lent cycle d’évanouissement et d’excitation de la matière lumineuse se met en place. La première image s’évapore juste à temps pour se fondre avec sa succession. L’image éphémère en disparition dialogue avec celle en devenir avant de lui laisser sa place.

La fine frontière entre image latente (argentique) et image fugace (numérique) se brouille au fil des balayages.

En découvrant Céphéide pour la première fois, Amandine Besacier s’est sentie immédiatement appelée vers elle. La photographe, dont le travail argentique explorait déjà les limites de l’émulsion et le lien ténu entre image fixe et cinématographie, a souhaité faire vivre et mourir ses images de “jeunes filles en détresse” en phosphorescence, dans des polyptyques enlacés de portraits fugaces.

 

Pour faire l’expérience de ce curieux ballet, le spectateur est plongé dans le noir. Cette obscurité qui fut, pendant plus d’un siècle, une composante essentielle et inhérente à l’expérience, à la possibilité même de photographie, nous est aujourd’hui de plus en plus étrangère. Camera obscura, laboratoire, draps jetés sur les têtes des photographes… Dans le courant des années 90 la photographie se défait de l’obscurité, le papier photographique fait place à l’écran. La photographie ne nait plus dans le noir, et ce sont toutes les sensations liées à cette apprivoisement des ténèbres qui sont alors perdues. La pupille se rétracte. On ne se cogne plus dans les coins du laboratoire, on ne se fie plus au toucher, à l’oreille et au nez pour produire une image. L’image latente, fille de l’obscurité disparaît avec elle. Céphéide réintroduit cette sensation au cœur d’une expérience numérique du médium. 

 

Le procédé est imparfait, monochrome, périssable, à la définition faible et à la lisibilité réduite, … A la manière d’un papier salé, d’un tirage au charbon ou d’un polaroid qui ont su en leur temps faire résonner la photographie en tant qu’art, c’est pourtant bien la transfiguration du réel par Céphéide, dans toute sa mécanique digitale, qui la rend fascinante. 

 

A la croisée des chemins digitaux et tangibles, Amandine Besacier et Graphset nous invitent, dans le noir, à redécouvrir la fragilité et l’imperfection du procédé photosensible.

CHAPITRE I: VEGA

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CEPHEIDE, chapitre I : Vega

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Graphset & Amandine Besacier

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2021

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Sculpture numérique

panneau phosphorescent, profilé aluminium, impression 3D, plexiglass, électronique.

98 x 80,5 x 25 cm

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1 ex.

 

 

 

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